Notre entretien avec Kid Francescoli

"Ce qui m'inspire le plus, c'est avant tout la musique que j'écoute"

Après un voyage à New-York pour retrouver Julia, Kid Francescoli nous livrent la suite de leur rencontre, la venue de Julia en Europe, à travers un nouvel album Play Me Again, 11 titres rafinés d'une pop-électro taillée avec précision dans les plus belles inspirations.

Kid Francescoli par Delphine Ghosarossian

Mathieu, vous vous présentez comme autodidacte, comment en êtes-vous venu à faire de la musique ?

Mathieu : Je suis venu à faire de la musique, en écoutant de la musique. Ce qui m’a fait vibrer, ma première inspiration a été ça. Puis j’ai appris à jouer de la batterie en regardant les concerts de groupes comme Queen, Nirvana, et j’ai appris à jouer de la guitare en regardant les positions d’accords de Noël Gallagher. C’est grâce à ça et avant tout mon amour pour la musique que j’ai réussi à en faire et à savoir comment en faire.

Ce nouvel album Play Me Again, peut-on dire que c’est la suite de With Julia, sorti en 2014 ?

Mathieu : Oui, clairement car le précédent c’était moi qui étais allé à New-York pour rencontrer Julia, dans cet album c’est ce qu’il s’est passé depuis. C’est-à-dire Julia qui vient en France pour faire la tournée avec moi, la découverte de la France, de l’Europe à travers ses yeux et la suite de notre relation.

Qu’est-ce qui vous inspire ?

Mathieu : Ce qui m’inspire le plus, c’est avant tout la musique que j’écoute. Ce qui me donne le plus envie de faire une chanson c’est quand je suis en train d’en écouter une autre et que je me dis « j’ai envie de faire ça… » Faire une ligne de basse comme Ratatat par exemple.

Pour les thèmes c’est plus les histoires de tous les jours qui me concernent. Il n’y a pas vraiment de mise en scène, de création de personnages. Ce sont un peu les expériences de la vie.

Vous faites souvent des références au cinéma, est-ce que l’univers du cinéma vous inspire ?

Mathieu : Oui, complètement, le cinéma c’est comme la littérature, c’est un peu l’école de la vie. C’est un art que je ne maitrise pas du tout, que je ne maitriserai jamais, c’est une sorte de monde parallèle qui fait que forcément c’est toujours inspirant. Notamment les films de Pialat, de Cassavetes, ce genre de cinéma très réaliste et très sincère. C’est ce qui me marque le plus.

Vous êtes à Marseille, une ville de caractère, est-ce que Marseille est présente dans votre musique ?

Mathieu : Pas vraiment dans les chansons, pas vraiment dans les paroles… Quoi qu’un peu, parce que Julia en parle, on entend aussi la mer, et elle est présente sur la pochette.

Mais ce n’est pas vraiment un sujet abordé dans les paroles. Je ne pense pas que ce soit une ville très inspirante, par contre c’est une ville dans laquelle il fait très bon vivre où c’est très agréable d’être en tant que musicien. C’est quand même important.

La musique américaine, le rap, le rnb, sont aussi moteurs de votre création ?

Mathieu : Je m’en inspire parce que c’est quand même le style de musique le plus défricheur qu’il y a aujourd’hui. Il y en a un peu dans la pop, mais c’est surtout le rap. Du coup, ça donne envie parce que j’ai l’impression d’entendre quelque chose de frais à chaque fois, que je n’ai jamais entendu, notamment avec les albums de Kendrick Lamar, de Franck Ocean, ce sont les meilleurs exemples. Ils tentent des crossover, des mélanges complètement improbables et ça te fait développer un goût du risque. Tu te dis « si lui l’a fait avant moi, je peux quand même y aller. » Je trouve cette démarche très inspirante, plus que la musique en elle-même.

"c’est une récréation parce que c’est plus un délire entre potes où on fait de la musique en studio"

Vous intervenez également dans les groupes Husbands, Oh ! Tigermountain, c’est une respiration, une récréation, une inspiration ?

Mathieu : Ce n’est pas une respiration, parce que je ne suffoque quand je fais Kid Francescoli, mais c’est une récréation parce que c’est plus un délire entre potes où on fait de la musique en studio. C’est très récréatif et aussi très inspirant parce que ça me permet d’aborder des styles musicaux que je n’aurais pas abordés sans eux. C’est la raison d’ailleurs pour laquelle il y a un morceau dans l’album qui s’appelle Emma, qui est une pop un peu reggae que j’ai fait après avoir été en studio avec Husbands. Je ne l’aurais jamais fait sans eux.

Question difficile maintenant, comment vous définiriez la singularité de Kid Francescoli ?

Julia : Il y a quelque chose de très reconnaissable dans les mélodies, les thèmes. Je ne sais pas exactement ce que c’est, c’est inspiré par le cinéma. Il y aussi une naïveté, une précision très fine.

Vous ouvrez l’album sur Les Vitrines, un titre en français. Pourquoi ?

Mathieu : Il y avait longtemps que j’en avais envie mais je n’avais ni l’inspiration, ni les paroles pour et surtout je n’avais jamais chanté en français avant. Pendant la dernière tournée on avait fait une reprise de Niagara, un morceau qui s’appelle Pendant que les champs brulent. Ca nous a mis la puce à l’oreille. Tout à l’heure je te parlais d’expérimentation, c’est typiquement le genre de chose où tu te dis « on pourrait essayer », après, tu le fais, tu vois que ça se passe bien et tu te retrouves à faire un morceau en français. Ca a été aussi le cas, parce que je suis tombé sur ce texte d’un ami musicien David Borras qui joue dans le groupe The Performers. Il avait ce texte depuis longtemps, il n’en a jamais rien fait. Je l’ai aimé dès que je l’ai vu, je l’ai mis en musique, les planètes étaient alignées pour faire ce morceau en français.

Un mot sur votre réalisateur Simon Henner, c’est un ami, qu’est-ce qu’il a apporté sur cet album ?

Mathieu : Déjà, il fait très bien danser. Il a cette science de l’utilisation des synthés, des boucles de batteries, qu’il transforme tout ce qui touche en bombe dancefloor. Et surtout c’est quelqu’un de très ouvert. J’aime beaucoup travailler avec lui parce qu’on parle beaucoup de musique ensemble, il me fait écouter beaucoup de musiques « écoute ce couplet, ce son, comment ils l’ont trouvé ? » C’est vraiment très agréable de travailler avec lui parce qu’on est potes de studio, on expérimente toujours avec un côté un peu récréatif. On fait ça pour le plaisir.

Sur vos synthés, combien vous en avez, et êtes-vous à la recherche permanente de nouveaux claviers ?

Mathieu : En fait je ne suis pas forcément un spécialiste, mais j’ai la gamme qui faut. J’ai un analogique mono, le MS-10, un analogique poly, c’est le Juno 106, un piano électrique, c’est le Fender Rhodes, et enfin le Mellotron, qui est le synthé utilisé par plein de groupes que j’aime depuis toujours, que ce soit les Beatles, ou Air, c’est une sorte d’ancêtre du sampler, et ça me suffit. Je sais que Simon en a beaucoup plus. Du coup, on expérimente beaucoup plus quand on produit l’album. Il a le SH101, ce genre de chose.

Un mot sur votre producteur, Yotanka?

Mathieu : Ils sont venus nous rejoindre sur l’album précédent. C’est eux qui sont venus nous chercher. Que ce soit avec eux, avec notre tourneur, avec notre éditeur, c’est toujours super important d’être entourés de personnes qui croient en toi, et qui s’intéressent à toi plutôt que l’inverse. Je suis super content de cette relation-là.

Pour conclure, on va parler de l’OM, que pensez-vous de la prochaine saison ?

Mathieu : Je suis ravi, parce qu’on est qualifié pour la ligue Europa. Il y a beaucoup d’espoirs avec l’arrivée de Mc Court, l’OM champion project, avec un super mercato d’hiver, Sansons et Payet qui sont deux supers recrues. Il y a beaucoup d’engouement et on recommence à espérer.

 

 

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