Notre entretien avec Oscar & the Wolf

"Je ne peux jamais vraiment profiter de la beauté des choses, quand quelque chose est magnifique, ça me rend triste, ça me détruit"

Le phénomène pop venu de Belgique vient de sortir son deuxième album Infinity tout en clair / obscure, qui devrait le faire connaitre bien au-delà de ses frontières. Derrière les paillettes, découvrez cette atmosphère sombre, complexe, et ses émotions qui explosent tel un feu d'artifice noir en plein jour.

Avant son concert complet au Yoyo (Paris), ce 16 novembre, nous avons posé quelques questions à Max Colombie.

Oscar & The Wolf

Photo par Frederick Heyman

Vous venez de sortir votre second album Infinity, que contient-il ?

Max Colombie : C’est le résumé en musique de mes deux dernières années de vie. Ce n’est pas un album uniforme avec le même style pour toutes les chansons. Chaque chanson est totalement différente et possède sa propre vibe.

Si je devais décrire l’album, en l’écoutant c’est comme si tu étais dans un monde magnifique et parfait, mais au fond de ton cœur il y avait cette pierre sombre, noire. C’est différent de l’album précédent. Dans Entity, l’environnement était sombre, et la lumière venait de l’intérieur. Ici, c’est l’inverse.

Pour cet album, où avez-vous puisé votre inspiration ?

Dans la vie, les choses de la vie, dans les films, dans les séries. D’ailleurs c’est drôle, il y a un épisode de Black Mirror (San Junipero, Saison 3), sorti après que l’album soit terminé, qui est la meilleure description de l’album, c’est tellement bizarre ! Dans cet épisode, il y a la réalité, et il y a une autre réalité comme un monde sans fin où tu peux rester jeune à jamais. C’est un peu la source de mon inspiration.

Il y a aussi Los Angeles, qui est pour moi une grande source d’inspiration, le vent, les voitures, les maisons. Je suis toujours très curieux de voir les maisons, comment elles sont positionnées sur la colline. Je m’imagine comme un personnage fictif vivant dans l’une de ces maisons. Quelle personne serais-je ? Et je le retranscris dans l’album. Je m’imagine être une personne différente chaque fois mais toujours avec mes émotions, comme un scénariste dirigeant ses comédiens. Par exemple si la veille quelqu’un m’a brisé le cœur, je ne vais pas chanter « oh baby you break my heart », cela passe plutôt par des métaphores, des histoires fictives…

D’où vient cette pierre noire dans votre cœur ?

De la vie ! Je ne suis pas une personne dépressive, mais je ne comprends pas le concept de bonheur. Et je ne pense pas que le bonheur soit véritablement nécessaire. Cette pierre noire dans mon cœur est toujours présente, parce que je suis toujours triste, car tout a une fin, tout se termine. Je ne peux jamais réellement profiter d’une chose ou être totalement heureux d’un moment, parce que je sais que cela va se terminer, je pense déjà au fait que cela va s’arrêter. Je ne peux jamais vraiment profiter de la beauté des choses, quand quelque chose est magnifique, ça me rend triste, ça me détruit. Les choses laides me font me sentir mieux.

Vous souhaiteriez, comme dans l’épisode de Black Mirror, avoir une jeunesse éternelle ?

Oui, je n’ai pas envie de vieillir, je n’ai pas envie de mourir. J’en ai très peur.

Qui est le réalisateur de l’album ?

Jeroen de Pessemier, c’est un super copain. C’est le premier album qu’on a fait ensemble. Nous nous sommes très bien compris. Il a été très à l’écoute de ce que je voulais faire sur cet album. Mais avant cela, et pour que l’entente fonctionne, il a fallu apprendre à communiquer au niveau de nos émotions. Cela nous a beaucoup rapproché. C’était génial de travailler avec lui.

Où l’enregistrement s’est déroulé ?

Principalement à Bruxelles, on a aussi enregistré quelques titres à Los Angeles.

Pourquoi Los Angeles ?

Parce que j’aime cette ville.

Votre musique évolue quand vous avez ce soleil qui brille sur votre visage tous les jours, ce vent, ces palmiers, ces maisons. Cela ne modifie pas le cœur de votre musique, mais cela change leur environnement. Ce sont alors des chansons différentes, mais toujours empreintes de cette âme sombre.

Pourriez-vous nous expliquer plus en détail la chanson Touch Down ?

Dans Touch Down, je me projette dans un personnage masculin plus costaud, plus dur que moi en tant que Max. C’est une chanson sur le fait que je suis heureux de me dire que je suis une personne désirable. Touch Down raconte que je suis cette personne fière de moi. Le texte est très positif, mais la musique est très triste. Il y a toujours ce contraste, j’ai besoin de cet équilibre.

Quelle autre musique écoutez-vous actuellement ?

Je n’écoute pas de musique chez moi. Quand j’écoute de la musique, j’ai l’impression de travailler. Il y a de la musique partout, aux concerts, en studio. Il y a tellement de musique dans ma vie que lorsque je suis seul chez moi, j’apprécie le silence, tellement. S’il y a du monde, bien sûr j’allume la radio. Mais je n’ai pas de playlist, je n’ai pas Spotify.

Merci !

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